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Affiche "Discours du général de Gaulle"

D 8 novembre 2020     H 19:22     A Patrice MOREL    


Disours du général de Gaulle
© AMRC - MRN - Fonds PS & RN (cote 7202000169-26)

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ
DISCOURS
prononcé le 4 Septembre 1945 PAR LE GÉNÉRAL DE GAULLE
Président du Gouvernement Provisoire à l’occasion du 75e Anniversaire de la République
Deux jours après que la capitulation du Japon, suivant de moins de quatre mois celle de l’Allemagne, vient de mettre fin à l’immense conflit de la terre, nous célébrons aujourd’hui dans la victoire et la liberté l’anniversaire de la IIIe République.
IIIe République ! Née au lendemain du désastre de Sedan, avec la vocation d’en abolir les causes et d’en réparer les effets, longtemps utile à la France, facile à ses enfants, glorieuse même à son service, emportée finalement par un injuste destin lors de la défaite provisoire de 1940 ! Comme il arrive toujours en pareil cas c’est à elle que beaucoup de Français imputèrent d’abord leur malheur. Telle est là responsabilisé sommaire et terrible des régimes. Mais l’affreux système d’abaissement et d’oppression qui lui succéda sous la loi de l’envahisseur ne laissa pas d’effacer peu à peu, dans l’esprit public, ce qu’une telle condamnation avait d’injuste et d’exagéré. Je crois bien qu’aujourd’hui la masse immense des Français porte sur la IIIe République un jugement assez équitable.
Sous son règne de 70 ans, la France s’était relevée après les désastres de 1870-71. Elle avait créé un nouvel et vaste Empire étendu dans les cinq parties du monde, renoué des alliances puissantes, gagné la Grande Guerre, repris l’Alsace et la Lorraine, et, en même temps, évité tout désordre intérieur grave, développé l’enseignement, mis en vigueur de bonnes 1ois sociales, assuré à chacun, dans sa pensée, dans ses croyances, dans son activité, une très large somme de liberté. C’est que dans la IIIe République, il y avait d’abord la République, c’est-à-dire ces principes puissants, généreux et féconds qui s’appellent : la liberté, la justice, la souveraineté du peuple, et sans lesquels il n’y a ni force durable, ni solidité, ni lumière.
Mais il y avait aussi, comment et pourquoi le nier, certains vices de fonctionnement qui, faute d’avoir été guéris dés l’origine, avaient fini par aboutir avant celle guerre à une sorte de paralysie et parurent tout à coup mortels lors des extrêmes périls de 1940. Ces vices, tout le monde les connaît et presque tous les reconnaissent. C’était d’abord, dans les pouvoirs, une sorte de déséquilibre marquant l’exécutif d’un caractère d’instabilité qui lui ôtait beaucoup de son efficience et de son autorité. Littéralement, nous avions lini par nous trouver en état permanent de crise politique. Dans la période de vingt et un ans qui sépara la fin de la Grande Guerre de l’irruption mécanique allemande, vingt hommes différents ont été à la tête du Gouvernement de la France ; ces vingt hommes - dont pour certains d’entre eux, la valeur était éminente, mais qui ne trouvaient souvent ni le temps, ni le moyen de l’exercer tout entière, - ont formé 45 ministères sans compter les remaniements. Et cela, dans le temps même où nous avions à faire vivre une paix cruellement précaire, où la menace d’un conflit nouveau ne cessait de grandir, où tout nous commandait de réaliser avec résolution de profonds changements économiques, sociaux, démographiques, coloniaux et militaires. En face de pareils problèmes et dans de telles conditions, de quelle discontinuité eurent à souffrir les destins de l’État.
D’autre part, la Haute-Assemblée, élus au suffrage indirect et dont le rôle régulateur par rapport à la Chambre issue du suffrage direct était certainement nécessaire, disposait du droit exagéré de s’opposer indéfiniment aux décisions de celle-ci, ce qui, en dernier lieu, empêchait d’urgentes réformes, notamment en matière Sociale. Enfin, l’état de doute et, trop souvent, d’impuissance où se déployaient l’action exécutive et l’action législative, créait une atmosphère d’agitation polilique, de rivalités de partis, de groupes parlementaires ou de personnalités, où les intérêts essentiels du pays finissaient par être méconnus.
Lors qu’éclata la guerre, l’usure du régime et la nécessité de le réformer apparaissaient à tous les yeux. Mais les événements terribles dans lesquels il s’effondra firent comprendre à tous les Français que si la patrie survivait au malheur, il faudrait à tout prix adopter un autre système pour faire revivre l’esprit même de clarté, de justice, d’efficacité qui est celui de la République.
C’est pourquoi, dès le 18 juin 1940, jour où commença la résistance française, il fut proclamé que si l’ennemi devait être chassé de chez nous par les armes, si la France restait fidèle à l’honneur et au combat, si la patrie refusait d’avance toute atteinte qui serait portée à son indépendance et à son intégrité, le but à atteindre comportait également le retour à la souveraineté du peuple, le règne des principes sur lesquels nos pères avaient naguère bâti les droits de l’homme et du citoyen, la victoire de la glorieuse devise : « Liberté, Égalité, Fraternité » ; bref, le triomphe de la République. Mais, en même temps, il fut proclamé que la République à refaire serait une République renouvelée, oui, la IVe République !|
Eh bien ! Nous voici à pied d’œuvre. Le 21 octobre prochain, après avoir élu ses conseils départementaux, le peuple français va procéder à des élections générales. Le premier dans toute l’Europe continentale, il va, comme nous le lui avions promis, prendre la parole et décider de son destin. Mais, celle ſois, par une innovation capitale qui s’appelle le referendum, il va, tout en nommant, dans le cadre du département, les représentants de son choix, marquer directement sa volonté quant au sens qu’il veut voir donner à ses propres institutions.
Deux questiont lui seront, en effet, posées. La première est celle-ci : Voulez-vous que l’Assemblée que vous élisez aujourd’hui soit une Assemblée Constituante ? En répondant oui, le peuple français signifiera qu’il veut un système nouveau par rapport à celui qu’on pratiquait avant la guerre. La seconde question est celle-ci : Si l’Assemblée est Constituante, acceptez-vous que les pouvoirs publics soient, jusqu’à la mise en vigueur de la nouvelle constitution, organisés suivant le projet que voici ? En répondant : oui, le peuple français voudra dire qu’il entend, dès le départ, que ses affaires soient organisées et qu’elles ne soient pas livrées aux crises continuelles, c’est-à-dire aux aventures. Je suis tout à fait convaincu qu’à une majorité immense, le peuple français répondra : oui aux deux questions.
Depuis cinq ans, deux mois et dix-sept jours, nous remontons du fond de l’abîme. En dépit de tous nos malheurs, d’immenses difficultés, de cruelles restrictions, nous avons trouvé le moyen d’accéder à la libération, puis à la victoire. Jour après jours, nous recouvrons la liberté. La vie, maintenant, reprend peu à peu. Nos mines travaillent. Nos chemins de fer marchent. Nos usines repartent. Nos ports se rouvrent. Nos champs se labourent. Nos ruines se déblaient.
Nos absents sont rentrés presque tous. Nous retrouvons notre Empire. Nous sommes installés sur le Rhin. Nous reprenons notre place dans le monde. Au point de vue de noire vie d’hommes et de femmes, nous avons beaucoup de chagrins à consoler, de séparations à réparer, de foyers à ſonder, d’enfants à élever, de bébés à voir naître. Au point de vue de la nation, nous avons beaucoup de choses à rebâtir, beaucoup d’autres à transformer, beaucoup de travail à fournir, beaucoup d’intelligence, d’initiative, de courage à déployer, beaucoup de réformes politiques, économiques, Sociales, administratives, démographiques, impériales, morales à accomplir. Au point de vue de l’univers, nous avons à participer, en tenant notre rang, aux difficiles règlements de la paix, à l’organisation du monde, à la coopération internationale faute de laquelle la race des hommes irait à de nouvelles et affreuses catastrophes.
L’œuvre grandiose qui s’offre à nous est par avance tracée. Certes, pour la réussir il ne suffirait par de bâtir des instillions, si bonnes qu’elles Soient théoriquement. Car, les grandes choses ne ſont par la valeur des hommes, bien plutôt que par des textes. Mais le cadre aide ou contrarie le travail des ouvriers. Français, Françaises, vous allez donner le départ à la IVe République !
Vive la République !
Vive la France !
Société Parisienne d’Imprimerie, 27, rue Nicolo, Paris-16e – 31.3009

  • Format : 40cm X 60cm
  • Auteur : Général de Gaulle
  • Date d’émission : 04/09/1945
  • Reproduction et transcription : Patrice Morel
  • Informations et droits : L’AMRC
  • Liste de la collection d’affiches

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