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Une plaque hautement symbolique

D 27 mai 2008     H 10:31     A Patrice MOREL    


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Le 27 mai prochain aura lieu, en gare de Nantes, le dévoilement d’une plaque en hommage aux cheminots résistants nantais fusillés et morts en déportation.
C’est la suite logique d’une demande faite par la fille de Gaston DOVET, résistant et mort en déportation. Dès le début , la CGT a soutenu cette démarche et a tout mis en œuvre pour qu’elle aboutisse. En effet, après guerre (le 26 octobre 1946), une plaque était inaugurée. En gare de Nantes en présence des autorités de l’État, de la direction SNCF, des syndicats et associations issus de la résistance.

Cette plaque mentionnait les trois dénominations : Fusillés, Morts en déportation, et Tués pour faits de guerre (principalement dus aux bombardements).
En 1968, avec l’inauguration de la nouvelle gare (l’actuelle), une autre plaque voit le jour avec uniquement la mention « tués pour faits de guerre ».

L’explication est la suivante : Nous sommes en pleine réconciliation franco-allemande et le passé douloureux doit être oublié , voire atténué. C’est ainsi que l’histoire doit être revisitée pour en donner une version édulcorée, tronquée. N’oublions pas qu’en cette période, la chanson de Jean FERRAT, « Nuit et broul1lard » est quasiment interdite en France. La nouvelle plaque en hommage aux cheminots nantais, martyrs de la résistance, n’échappe pas à ce contexte politique.
Les dénominations « fusillés et morts en déportations » disparaissent, ce qui est une aberration, voire une insulte à la mémoire de ces martyrs et à l’esprit de la résistance. Mais l’histoire est l’histoire et elle ne s’accommode pas avec les aménagements circonstanciels. Comme vous le voyez, le dévoilement de cette nouvelle plaque est un acte hautement symbolique car il restitue l’engagement volontaire de ces hommes qui refusaient l’injustice, les discriminations, la barbarie nazie, et tout esprit de collaboration. Ils ont osé dire NON jusqu’au sacrifice suprême.

Le refus de l’injustice, de toute forme de discrimination et le respect des droits et de la personnalité humaine, sont des valeurs universelles qui faisaient dire à Lucie AUBRAC : « Le mot résistance se conjugue aussi au présent ! » Les cheminots, mais pas seulement, en savent quelque chose par les temps qui courent....

Autre valeur symbolique : cette plaque sera dévoilée le 27 mai 2008. Cette date n’est pas fortuite. Elle correspond au 65t me anniversaire de la première réunion clandestine du Conseil National de la Résistance (C.N.R.), sous la Présidence de Jean MOULIN.
Toutes les Organisations de la résistance sont présentes. La CGT, qui a œuvré à cette unité, en est membre de droit.

Elles se réunissent le 27 mai 1943 dans un contexte marqué par de terribles répressions. Ces hommes et ces femmes Sont pourtant confiants, lucides et visionnaires. C’est ainsi qu’ils établissement le 15 mars 1944 un programme, le fameux programme du C.N.R. intitulé « Les Jours Heureux ».

Lucides, car ils donnent la priorité à l’unité de toutes les forces combattantes pour libérer le territoire de l’envahisseur et de ses sbires. Ce qui se fera.
Visionnaires, car ils projettent une nouvelle société française, souveraine, dont Je socle repose Sur les valeurs républicaines de liberté, de la justice sociale solidaire et de tolérance.

C’est ainsi que le droit de vote des femmes est acté le 5 octobre 1944. De juin 1945 à mai 1947, dans un pays détruit, ravagé (des villes comme Saint Nazaire, Brest... sont rasées ; les chemins de fer sont détruits à plus de 70%) l’on assiste, pourtant, à une véritable rénovation sociale : naissance de la sécurité sociale solidaire, droit à la retraite pour tous, nationalisation de la Banque de France (pour la petite histoire, le haut patronat français n’est pas membre du C.N.R. et pour cause , il avait sombré dans la collaboration avec les nazis et préféré « Plutôt Hitler que le front populaire » . le cœur rivé au portefeuille et au fric.

Logiquement, leurs descendants d’aujourd’hui, ceux du MEDEF, se targuent de vouloir bannir de la mémoire collectives « Les Jours Heureux » !).

N’oublions pas, dans les réformes de l’après-guerre, la naissance d’EDF-GDF, des Comités d’Entreprises, des prestations sociales, des conventions collectives, du salaire minimum, et de la consolidation des services publics et en particulier des chemins de fer.

Tout cela dans un pays exsangue à reconstruire et aujourd’hui nous devrions bannir ces valeurs dans une des nations les plus riches du monde !...

C’est pourquoi nous vous convions à rendre hommage aux cheminots martyrs de la résistance nantaise le

27 mai 2008 à 17h30
quai N°1
en gare de Nantes

POUR DE NOUVEAUX JOURS HEUREUX A BATIR TOUS ENSEMBLE.

Nantes, le 19 mai 2008
19 boulevard de Stalingrad 44000 NANTES – Fax : 02.40.74.96.44 – Tél. 02.40.37.98 .67
cheminot.cgt.nantes@wanadoo.fr


Texte d’un tract du syndicat CGT des cheminots et de l’IHS (Institut d’Histoire Sociale) de Nantes.

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